Les sentier des Douaniers

Un trésor du littoral restitué

Alors que le sentier des douaniers de Talmont-Saint-Hilaire rouvre enfin ses portes après des années de fermeture, nous avons échangé avec Bernard Deslandes, président de l’association « Les Randonnées Talmondaises ». Ce bénévole passionné, ancien correspondant pour Le Journal des Sables, revient sur les étapes qui ont permis de rendre au public ce précieux accès à un patrimoine exceptionnel du littoral vendéen.

Une zone naturelle fragile

Depuis la tempête Xynthia, le littoral talmondais subit les assauts répétés des intempéries, rongeant peu à peu le sentier côtier. « Les tempêtes successives et l’érosion ont partiellement détruit le sentier, l’interrompant pendant des dizaines d’années », témoigne Bernard Deslandes. Certaines portions, devenues dangereuses, ont dû être fermées au public pour assurer la sécurité des usagers. Face à cet enjeu, la ville de Talmont-Saint-Hilaire s’est engagée dès 2014 dans un programme de sécurisation et d’entretien.

Des travaux colossaux

« Le département a réalisé de gros travaux l’an dernier, décalant parfois le sentier de 150 m vers l’intérieur pour anticiper l’érosion. » L’opération n’a pas été sans heurts : « À Cayola, il a fallu empiéter sur des propriétés. Certains propriétaires ont dû céder une bande de terrain à l’État, ce qui a, dans certains cas, conduit l’affaire devant le tribunal. » La loi française impose en effet une bande de 3 mètres le long du littoral où les propriétaires doivent autoriser le passage des piétons. Aujourd’hui, le sentier est restitué. Habitants, visiteurs et collectivités partagent désormais la responsabilité de protéger ces côtes fragiles et de transmettre ce patrimoine aux générations futures.

Une association engagée

Au sein de l’association, qui compte une centaine de membres, six baliseurs ont été formés auprès du Comité départemental de randonnées pédestres pour un balisage conforme à la charte officielle. « La rando “Sur le chemin des douaniers”, c’est la randonnée phare de Talmont », se réjouit le président. « La labellisation par le Comité départemental de la randonnée pédestre est en cours, et nous avons bon espoir qu’elle figure bientôt dans la documentation Vendée Rando proposée par le Département. »

De la baie de Cayola au Veillon

« Dans cette rando, le promeneur va de découverte en découverte, entre un patrimoine historique et une nature d’exception », résume Bernard Deslandes. Un vrai musée à ciel ouvert, où l’histoire se mêle à la géologie et à la vie quotidienne d’autrefois. Le parcours débute à Port-Bourgenay, un havre de paix né en 1985 sur une côte totalement sauvage. « La construction du port a été très maîtrisée et préserve l’esprit du lieu », souligne le président. Plus loin, les pêcheries de la République racontent une histoire plus ancienne : ces écluses, exploitées jusqu’en 1950, font aujourd’hui l’objet d’une restauration menée par l’association L’Estuaire. Elles abritent aussi un secret géologique majeur : les fameuses traces de dinosaures découvertes dans les années 1930.

Non loin, les conches émergent du paysage, dès le bois des Bouries. « Ces jardins familiaux de 200 m2, délimités par des bossis naturels, étaient autrefois fertilisés avec les algues de l’estran. » Abandonnés après la guerre, ils ont laissé place à des forêts de chênes verts, témoins du climat quasi méridional du lieu.

Le sentier mène ensuite à la plage du Veillon, véritable joyau de la région. Il se poursuit vers ce qui était auparavant le domaine du Breuil, dont il reste deux vestiges en cours de restauration : un pigeonnier datant de 1722 et, à 300 m de là, un moulin à pivot, véritable curiosité locale avec sa cabine en bois orientable. Aux Forges, la verrerie d’art offre un spectacle vivant : depuis quinze ans, un souffleur de verre y travaille sous le regard du public.

Dans la baie de Cayola, le temps semble suspendu. On y croise l’ancien ponton attribué à Richard Cœur de Lion et les ruines des casernes de douaniers, où vivaient cinq ou six hommes jusqu’aux années 1920 pour patrouiller et surveiller la côte.

L’histoire industrielle ne manque pas non plus. La Mine des Sarts, dont l’entrée artificielle est encore visible, fut jadis une exploitation de galène argentifère. Cinquante ouvriers y œuvraient dans des conditions difficiles, au rythme des marées, avant que la mine ne ferme définitivement en 1860.

Plus loin, vestige du Mur de l’Atlantique, un blockhaus rappelle la présence allemande avant de revenir à Bourgenay.

Rendez-vous le 19 juillet

Après un petit-déjeuner de bienvenue, l’association Les randonnées talmondaises propose une journée spéciale sur le sentier du littoral avec des départs échelonnés de 8 h 30 à 10 h depuis Port-Bourgenay. Cinq circuits au choix — 3, 8, 9, 13 ou 20 km — permettent à chacun de trouver son rythme. Le circuit de 13 km épouse le tracé classique du sentier ; celui de 20 km poursuit jusqu’au port de la Guittière, au fil des marais.

Quatre points de départs possibles :

  • Port Bourgenay
  • Parking de la Mine
  • Parking de la Croisée
  • Parking de la plage du Veillon
Les Randonnées Talmondaises
2335, avenue des Sports
85440 Talmont-Saint-Hilaire
Tel : 06 17 51 12 16
randotalmont@gmail.com
www.destination-vendeegrandlittoral.com
wwww.lesrandonneestalmondaises.blogspot.com

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