Un modèle coopératif

Pour la restauration collective

Au Pays des Herbiers, l’alimentation locale est bien plus qu’un slogan : c’est désormais un outil économique à part entière. Avec la création d’une SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif) dédiée à l’approvisionnement de la restauration collective, le territoire invente son propre modèle, capable de transformer durablement l’économie agricole locale.

L’objectif : faire entrer plus de produits locaux, de saison et de qualité dans les assiettes, tout en facilitant l’organisation, la gestion et la logistique pour les producteurs comme pour les cuisiniers. Pour Christophe Hogard, président de la Communauté de communes, cette innovation pour le territoire marque un tournant : « Cet outil simple et puissant rapproche concrètement les producteurs locaux des cuisines collectives. Nous faisons un pas décisif vers une alimentation plus locale, durable et de qualité. » Une ambition qui s’inscrit dans une politique engagée depuis 2019 et renforcée par la reconnaissance du territoire comme lauréat du Programme National pour l’Alimentation en 2023.

Un marché de 1,4 million de repas

Le potentiel du territoire est immense : 1,1 à 1,4 million de repas par an, toutes structures confondues (Ehpad, écoles, entreprises, établissements médico-sociaux). Jusqu’ici, faute d’organisation et de structuration de l’offre pour l’approvisionnement local, une grande partie de ces repas étaient confectionnés à partir de produits issus de grandes centrales et dont l’origine n’étaient pas toujours garantie. Sur un territoire comme le Pays des Herbiers, labellisé par l’interprofession « Territoire Bio engagé » et sur lequel plus de 40 % des exploitations portent un label, pourquoi se satisfaire de produits pouvant provenir de Pologne, du Canada, ou de l’Ouganda, alors qu’une agriculture locale diversifiée et reconnue, fait la fierté du bocage.

Constat :

les producteurs peinaient individuellement à accéder aux marchés de la restauration collective locale (en raison des volumes de productions et de la complexité administrative dans la réponse et l’exécution des marchés), les cuisiniers qui jonglent avec des contraintes administratives déjà lourdes pouvaient difficilement intégrer une trop grande diversité de fournisseurs, la valeur économique s’échappait en grande partie hors du territoire.

La SCIC vient réparer cette chaîne économique en créant une offre locale stable et structurée.

Chiffres clés

44 exploitations engagées dans la démarche. 84 produits référencés (fruits, légumes, viandes, produits laitiers, légumes secs, épicerie…). 1 périmètre d’approvisionnement resserré : moins de 60 km du centre logistique. 1 chantier d’insertion intégré dans la logistique. + de 1 million de repas potentiels/an. 40 % des exploitations du territoire disposent d’un label qualité.

Un modèle social, agricole et industriel

Il ne s’agit par d’écarter les grossistes qui jouent un rôle majeur dans l’équilibre de la restauration collective, mais de laisser la place dans le mix d’approvisionnement à une offre en circuit court permettant une juste rémunération des producteurs et une meilleure lisibilité de l’atteinte des objectifs EGALIM. Derrière l’outil logistique, c’est une véritable aventure collective qui se dessine. Une filière d’approvisionnement capable de réduire fortement les kilomètres alimentaires et le bilan environnemental, d’améliorer l’intégration de la saisonnalité des produits dans les repas, de consolider l’emploi local et de renforcer l’économie circulaire.

Autrement dit : un investissement stratégique plutôt qu’un simple service. Comme le résume Christophe Hogard : « La force d’un territoire, c’est de nourrir les siens. Avec cette SCIC, nous posons une pierre essentielle pour y parvenir. »

Comment ça marche ?

Une plateforme CENTRALISÉE
Basée aux Jardins du Bois Joly – un chantier d’insertion – la plateforme reçoit les produits
des agriculteurs : fruits, légumes, viandes, produits laitiers, épicerie…

Une LOGISTIQUE intégrée
Le site organise les réceptions, prépare les commandes et assure des livraisons
hebdomadaires aux établissements.

Un interlocuteur UNIQUE
Pour les cuisiniers :
• une seule plateforme
• une seule facturation
• un catalogue clair de produits locaux
• un gain de temps administratif considérable

Une JUSTE rémunération
La SCIC garantit un prix stable, sans négociation à la baisse, un point crucial pour les petits
producteurs.

Une gouvernance PARTAGÉE
Producteurs, collectivités, salariés, partenaires… et un comité consultatif réunissant
cuisiniers et représentants de parents d’élèves.

« La loi EGALIM, la souveraineté alimentaire, la santé publique ou encore la valorisation et la promotion des filières locales sont autant de leviers convergents. »

Une réponse locale à trois freins majeurs

Si l’agriculture du Pays des Herbiers est riche et diversifiée, le constat était clair :

• des filières encore peu structurées pour l’approvisionnement local en circuit court,

• une complexité administrative freinant la rencontre entre producteurs et restaurants collectifs,

• des échanges encore trop limités entre cuisiniers et agriculteurs afin que chacun puisse mieux comprendre les contraintes respectives et définir des fonctionnements convergents.

« Les producteurs et les cuisiniers avaient besoin d’un espace d’échanges et de coopération. Avec cette SCIC, nous créons les conditions d’une meilleure adéquation entre l’offre et la demande », affirme de son côté Roselyne Phlipart, vice-présidente en charge de l’environnement. La création de la coopérative entend lever ces obstacles grâce à un fonctionnement très agile et opérationnel qui place la qualité des échanges entre l’ensemble des acteurs au cœur du mode de fonctionnement.

Les impacts économiques ATTENDUS

SÉCURISATION des débouchés pour les agriculteurs
LIMITATION des pertes liées aux aléas de marché
RÉDUCTION DES COÛTS de gestion pour les cuisines
CRÉATION D’ACTIVITÉ LOCALE (logistique, transformation, insertion)
REHAUSSEMENT de la valeur ajoutée agricole du territoire
MODÈLE DUPLICABLE pour d’autres communautés de communes.

Pourquoi ce projet, inédit en Vendée, EST-IL INNOVANT ?

Parce que la coopérative ne regroupe pas seulement des producteurs, mais aussi toutes les collectivités du territoire, les cuisiniers, les usagers et des partenaires à fort ancrage local. Parce qu’elle combine logistique, gouvernance partagée et accompagnement à l’insertion.

Parce qu’elle crée un modèle duplicable associant : • économie locale • qualité alimentaire • emploi • environnement

Un modèle où l’on transforme l’intention… en action.

Un projet agricole, économique, sociétal et solidaire

À travers cette coopérative, le Pays des Herbiers promeut un modèle qui dépasse le seul enjeu alimentaire. Il s’agit d’une démarche agricole (structuration des filières), économique (nouveaux débouchés), solidaire (insertion professionnelle via le site logistique) et sociétale (mettre du sens dans les assiettes).

Les bénéfices sont multiples : • pour les producteurs : stabilité, volume, visibilité.

•pour les cuisiniers : facilité, produits locaux, simplicité adminitrative.

• pour les habitants : plus de local, plus de saison, plus de qualité.

•pour le territoire : un renforcement de la souveraineté alimentaire.

« Cette SCIC, c’est un projet agricole, économique, solidaire et de santé publique. Nous faisons un pas concret vers plus de souveraineté alimentaire pour notre territoire », conclut Christophe Hogard.

3 Questions à Olivier GUENEAU, responsable du chantier d’insertion Les Jardins du Bois Joly

– Quel rôle joue Les Jardins du Bois Joly dans le fonctionnement de la coopérative ? Notre chantier d’insertion apporte toute sa dimension sociale et solidaire à ce projet par la participation directe de nos salariés au fonctionnement de cette coopérative. Concrètement, notre bâtiment situé ZI du Bois Joly Sud servira de plateforme logistique et recevra les fruits et légumes des producteurs locaux. Ces produits seront ensuite conditionnés en fonction des commandes reçues par la plateforme avant d’être livrés à la cuisine centrale ou à d’autres établissements.

– En quoi cette nouvelle activité bénéficie-t-elle aux salariés en insertion ? Par la diversité des tâches demandées, cette nouvelle collaboration va permettre à nos salariés en parcours d’insertion de découvrir de nouvelles activités. De la réception des marchandises à la livraison, en passant par le conditionnement et la préparation des commandes, ces étapes permettront à nos salariés de découvrir un nouveau métier et de donner un sens à leur travail. Les légumes produits sur place tout au long de l’année seront consommés directement par leurs enfants ou ainés sur le territoire.

– Que représente cette coopération pour le territoire ? Cette coopération va permettre de maintenir l’emploi local de personnes en difficulté. La SCIC et notre chantier d’insertion partagent les mêmes valeurs de solidarité, de travail et de respect de l’environnement. Nous sommes heureux de pouvoir en faire profiter les habitants du Pays des Herbiers qui peuvent également venir nous rencontrer sur notre point de vente ouvert toutes les semaines du mercredi au vendredi midi.

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