La troupe Sigma : 20 ans de passion ! à Challans en Vendée.

TROUPE SIGMA

Chant, danse, théâtre, musique… Les arts sont à la fête, avec Sigma. Lancée par un groupe d’amis il y a 20 ans, cette association de passionnés compte bien marquer l’événement comme il se doit, en réunissant les arts de la scène dans un spectacle musical original et éclectique. Encore en construction, cette comédie retracera tous les grands moments de l’association, avec des clins d’œil aux différents spectacles qu’elle a produits et des grands moments que ces membres ont vécus. « Et pour garder dans ma tête, les joies de la belle saison, souvenirs, souvenirs, il nous reste nos chansons… »

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Un mariage d’arts et de passions…
Tout est parti d’un groupe d’amis, étudiants pour la plupart mais tous passionnés de scène et de chansons. « On avait 17-18 ans, se souvient Audrey Chauvet. L’idée est née d’une discussion entre Julien Bocquier, Aude Daviaud et Laure Gilbert. Nous étions une quinzaine à partager le même goût pour le chant, la danse, le théâtre et la musique. Alors nous nous sommes dit, pourquoi ne pas créer une association qui nous permette de réunir tout cela dans un même spectacle. »

Et quoi de mieux qu’une comédie musicale pour ces différents moyens d’expression… La première, Histoire d’un jour, racontait une journée dans les rues de Paris à travers une galerie de personnages proches de la caricature. « Des portraits drôles et touchants de gens qu’on croise tous les jours, comme le gendarme, la fleuriste, le SDF, le business-man, la prostituée ou la concierge. »
Les premières représentations au Marais, la salle de théâtre de Challans, rassemblent « essentiellement des gens qu’on connaissait. » Mais ceux-là n’ont pas regretté le déplacement. La pièce remporte un beau succès d’estime et Sigma peut se réjouir d’avoir su trouver la bonne recette avec des ingrédients pourtant pas toujours faciles à marier. Le bouche à oreille fera le reste et l’association se verra même obligée de refuser du monde les années suivantes, en particulier l’an dernier avec « Le monde est stone », adaptation libre de Starmania. Et sans doute l’un des plus beaux souvenirs d’Audrey, dans le rôle de Marie-Jeanne, « très intense émotionnellement, surtout au moment de chanter Le monde est stone. »

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Et un mariage d’amour…

La satisfaction était d’autant plus grande que l’exercice était difficile. Car si Audrey a toujours aimé le chant et le théâtre, elle n’a pourtant jamais pris de cours en la matière. Même si ce n’en est pas l’envie qui lui manque. Son truc à elle, c’était la danse. « Depuis toute petite. J’ai commencé vers 3-4 ans. » Une passion qui prendra de plus en plus de place, jusqu’à ce qu’elle intègre l’atelier Danse Passion. C’est là qu’elle fera la rencontre d’Aude et Julien, les initiateurs de Sigma.
« Les rencontres sont les jalons de la fatalité, » disait Gilbert Prouteau. Pour Audrey, celle-ci lui ouvrira de nouveaux horizons, le théâtre, la comédie, le chant. Mais pas seulement…
Au sein de Sigma, cette native de Challans y trouvera en effet non seulement un exutoire, mais aussi… un mari. Pierre est arrivé dans l’association en 2006. Ensemble ils partagent la même passion pour le chant et les comédies musicales. Le coup de foudre était inévitable. Une dizaine d’années, un mariage et deux enfants plus tard, Pierre et Audrey sont toujours sur le même diapason et plus investis que jamais au sein de Sigma.
« On ne se verrait arrêter ni l’un ni l’autre. Même enceinte de six mois, j’ai voulu continuer et je suis montée sur scène pour interpréter Frankenstein. » Un autre grand souvenir pour Audrey, qui faisait ses débuts dans un rôle plus théâtral. Pierre lui, a vite trouvé son bonheur dans l’écriture et la mise en scène des spectacles. Mais pas question pour elle d’en savoir plus sur les futures productions. « Je découvre les scénarios en même temps que tout le monde. Nous reprenons souvent des pièces ou des scènes déjà existantes mais que nous adaptons à notre sauce, avec toujours une part de création dans la mise en scène et des interprétations plus personnelles des personnages. À chaque fois, nous nous adaptons en fonction du nombre d’acteurs disponibles et des désirs de chacun. »

…Suite à lire dans le Magazine de Challans, Mer et Marais n°1, Parution Avril 2019

Jacqueline Auriol, une Challandaise au panthéon de l’aviation

Jacqueline AURIOL

C’est l’une des plus grandes gloires de Challans.
Jacqueline Auriol a marqué l’histoire de l’aviation française autant par son courage et sa ténacité que par ses exploits.
Première femme pilote d’essai, la belle-fille du Président Vincent Auriol est aussi première femme à dépasser le mur du son et enchaîner les records de vitesse. Challans ne s’y est pas trompé, puisqu’une place porte aujourd’hui son nom et bientôt un collège.

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Le 13 juin 1930, Henri Guillaumet, se crashe dans la Cordillère des Andes. Prisonnier d’une tempête de neige, le héros de l’aéropostale parvient, après bien des manœuvres dignes d’un champion de voltige, à poser son appareil d’urgence aux abords du Lac du Diamant (Mendoza, Argentine). Il est secouru sept jours plus tard par un berger, après avoir marché 60 km dans le blizzard sans eau ni vivre durant cinq jours.
Un exploit qui fera date et que son ami, Antoine de Saint-Exupéry relatera dans son livre Terre des hommes. Une phrase en reste aujourd’hui encore célèbre : « Ce que j’ai fait, je te le jure, jamais aucune bête ne l’aurait fait. »
La même année, une petite fille s’amuse à escalader les arbres du jardin de ses parents à Challans. Jacqueline Douet a treize ans. Elle ne s’appelle pas encore Jacqueline Auriol, mais nourrit depuis sa plus tendre enfance par les exploits des grands Vendéens volants (René Guilbaud, René Couzinet…), elle rêve déjà d’un destin d’exception et cherche à prendre de la hauteur sur les branches des cèdres de la propriété familiale.
Une première marche dans l’ascension qui la mènera, des années plus tard, à rejoindre Henri Guillaumet au panthéon de l’aviation.

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Son père, Edmond Douet, dirigeait un négoce de bois, sur la parcelle qu’occupent actuellement les locaux du Crédit Mutuel. Une entreprise de famille créée en 1880. À Challans, Jacqueline passe une enfance heureuse, mais affirme déjà un caractère rebelle.  Jeune femme à l’esprit vif et au charme dévastateur, Jacqueline monte finalement à Paris pour intégrer l’école des Beaux Arts. C’est là qu’elle rencontre Paul Auriol, qu’elle épouse en 1938. Elle a 21 ans. À Challans, le mariage d’une fille de royaliste avec le fils du socialiste Vincent Auriol fait grand bruit. Mais Jacqueline aime autant les défis que bousculer les conventions. La guerre ne l’épargne pas. Vincent Auriol vote contre l’accord de plein pouvoir au Maréchal Pétain et tombe en disgrâce. Paul est envoyé au front. Et Jacqueline doit constamment changer d’adresse et d’identité. Heureusement pour elle, Vincent Auriol revient sur le devant de la scène à la libération. En 1947, elle monte les marches de l’Élysée au bras de son époux et de son beau-père, élu Président de la République.

Pendant un temps elle se consacre à son métier de décoratrice, en refaisant notamment quelques salons du Palais présidentiel. Son nouveau statut lui vaut de côtoyer de nombreux artistes, écrivains… Elle se plie aux mondanités, mais au fond d’elle-même, se sent à l’étroit dans les salons et rêve d’immensité, de liberté et de sensations fortes.
Son âme d’aventurière prend finalement le dessus. En 1948, elle passe son brevet de pilote et se lance dans la voltige aérienne. Le début d’une ascension fulgurante !
Prise de passion et persévérante, elle rassure vite les méfiances dûes à son rang et à son sexe. La belle-fille du Président est sous les projecteurs et son entrée médiatique dans un milieu traditionnellement masculin relève du défi pour certains, mais de l’affront pour d’autres. Qu’importe, malgré son statut, Jacqueline reste une femme libre. Et tenace…

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…Suite à lire dans le Magazine de Challans, Mer et Marais n°1, Parution Avril 2019