La Danse des Robots, Challans, Vendée !

 

 

ROBOT CHALLANS

Rythme mécanique cadencé,  Structure métallique glacée, Raideur morphologique incurable…

Ils sont prêts à envahir Challans ! Les robots de Claude, surgissent de nos rêves d’enfant. Naïfs ? Terrifiants ? Ils semblent s’échapper d’un story-board des années 50 ou d‘un film de série B made in Hollywood…

ROBOT 2

D’où viennent-ils ? des confins des empires galactiques ? Laissez votre imagination s’envoler, mais afin de rassurer le lecteur, apprenez que ces jouets fabriqués sur la planète Terre (aux USA, en Europe ou en Chine) ont élu définitivement domicile dans les vitrines d’une maison Challandaise.
Des années de quêtes et de recherches ont permis à Claude, de créer un véritable petit musée dont « Tobor » est le Roi. (Souvenez–vous de la planète interdite). Jouets de bazar « Penny Toys » ou exemplaire rarissime ces êtres anthropoïdes cohabitent en harmonie pour la grande joie de notre collectionneur et de sa famille. Il est ainsi le seul avec ses petits-enfants, à pouvoir donner vie à ses robots, le temps de remonter une clé, et de laisser se dérouler le ressort pour une ronde éphémère.

Robot 3

Ils ont tous une histoire : inspirée par une bande dessinée, d’un scénario de cinéma, d’un roman de S.F. ou de la conquête de l’espace…
Ces mécaniques colorées témoignent d’une époque où le futur faisait encore naïvement rêver. Pendant les « 30 glorieuses » on imaginait alors qu’une technologie docile et maîtrisée viendrait soulager l’humanité des tâches répétitives et des contraintes physiques.

La révolte des clones allait bientôt suivre !

A lire dans le Magazine de Challans, Mer et Marais n°1, Parution Avril 2019

Sallertaine, Vendée, le nouveau temple de la Boxe anglaise pour tous

BOXE

Premier club de Vendée en terme de licenciés premier club en aéroboxe et en handiboxe, et premier club des Pays de la Loire en terme de parité avec plus d’une cinquantaine de femmes inscrites… En seulement six ans d’existence, le Vendée Sallertaine Boxe (VSB) s’affiche déjà comme le club phare du département. Une ascension fulgurante que l’on doit en partie à son entraîneur et fondateur, Albert Charron.

En multipliant les compétences et les disciplines, cette figure incontournable des rings du pays maraîchin a su populariser le noble art et toucher un large public, trop souvent délaissé des autres clubs.
C’est plus fort que lui. Albert Charron a la boxe dans le sang. Partout où il passe, les rings fleurissent et le virus se propage. Le Ring Challandais, qu’il a entraîné pendant douze ans (1997 – 2009), en est un bel exemple. Et quand il déménage et qu’il n’y a pas de club à proximité, alors il en crée un. C’est ce qu’il a fait à Rocheservière, en fondant Ring Rocheservière en 2010, avant de récidiver deux ans plus tard à Sallertaine.
La boxe, Albert Charron s’y est pourtant mis sur le tard, à 28 ans. Un âge avancé, même s’il présentait déjà de solides prédispositions. C’est un battant. Originaire de Martinique il débarque en Métropole en 1992, pour son service militaire, mais se fait rapidement un nom dans le milieu sportif et associatif. « J’ai toujours aimé le sport et l’engagement. J’ai longtemps fait du basket et de l’escrime. Mais j’ai toujours eu une petite préférence pour les sports de combat. Et comme j’étais déjà ceinture noire de kempo, le passage à la boxe anglaise était assez naturel. »

BOXE 4
Ses progrès sont rapides et il enchaîne les stages et les diplômes. Désormais instructeur BPJEPS (Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Education Populaire et du Sport) et Prévôt fédéral, il suit également une formation d’éducateur handiboxe. Un éventail de compétences qui a permis au VSB de devenir, en seulement quelques années, le club phare du département.

BOXE 2

Des résultats prometteurs
Les jeunes sportifs ne s’y sont pas trompés, à l’instar de Pablo Cantin, 18 ans. Formé à Challans il a rejoint le club de Sallertaine il y a deux ans, pour parfaire sa technique. Un choix judicieux qui lui valu d’être sacré vice-champion de France amateur (- 69 kg), en décembre dernier. « Challans m’a beaucoup apporté en me donnant des bases solides. Mais en arrivant à Sallertaine j’ai découvert d’autres choses, d’autres techniques et une autre façon de travailler. Assimiler les deux m’a permis de développer un jeu beaucoup plus complet. »
Des résultats prometteurs et une belle récompense pour ses entraîneurs. Mais l’ambition du club ne se limite pas à la compétition. Au contraire, à Sallertaine on prône le dépassement de soi, le respect et surtout l’épanouissement.
« Le but du VSB est de faire découvrir et enseigner la boxe au plus grand nombre, hommes, femmes, enfants de tous les âges, explique Christophe Esnault, le président. De faire en sorte que chacun puisse s’épanouir en apprenant et en progressant à son rythme dans un sport à la fois éducatif et social. »

BOXE 3

Unique en Vendée
C’est dans cet esprit que les dirigeants du club ont eu l’idée d’ouvrir deux sections d’aéroboxe, discipline mêlant boxe, aérobic et fitness en musique, et de handiboxe. « Nous sommes le seul club du département à proposer ces activités. Pour le handiboxe, nous travaillons en partenariat avec l’Adapei Aria de Challans(1). Le handiboxe est un excellent exutoire pour évacuer les émotions tout en prônant le respect de l’autre, le contrôle de soi, la rigueur. Cette activité est aussi très bénéfique dans l’assimilation et l’acceptation des règles, le développement de la rapidité, la coordination, la précision et l’endurance. »
D’autant plus bénéfique que les cours, encadrés avec le soutien de deux éducateurs spécialisés, se font en commun avec les autres licenciés. « C’est un bon moyen de gommer les différences et changer le regard sur le handicap.»

(1) Association départementale des amis et parents d’enfants inadaptés

A lire dans le Magazine de Challans, Mer et Marais n°1, Parution Avril 2019

La passion créatrice de Madeline Guérin, Costumière d’Autrefois Challans, Vendée

MADELINE GUERIN

De la couture au dessin, du dessin à la couture…

L’habit ne fait pas le moine, mais le costume peut faire le Maraîchin. Madeline Guérin, la costumière salariée d’Autrefois Challans, en sait quelque chose. En dix ans, cette passionnée aux doigts de fée a réalisé et raccommodé plus de 4 000 costumes pour les quelques 1 300 bénévoles de l’association. Des vêtements d’époque (1900-1920), qu’elle dessine et confectionne entièrement elle-même de A à Z. Retour au début du XXe siècle, où cette couturière et illustratrice mordue de dessin fait revivre, à chaque foire, les plaisirs simples de la vie de nos ancêtres maraîchins. Mais où sont les foires d’antan… ? Elles sont à Challans !

Concentrée sur sa table à dessin, Madeline peaufine les derniers coups de crayon de sa nouvelle création, le « potet », un jeu de l’Oie version Canard. Celui-là est bien Challandais. Il servira de support ludique pour les prochaines foires d’Autrefois Challans. Une passion beaucoup plus qu’un travail pour Madeline, qui ne manque jamais d’imagination ni de courage pour parfaire l’ambiance de ces incontournables rendez-vous annuels.

MADELINE GUERIN 2

Le plaisir des choses simples
Il faut venir y goûter pour bien se rendre compte. Humer les odeurs de volaille et des échoppes alimentaires. Entendre la musique et les chants. Et ce patois propre au Marais Breton « qu’on cause a tot ché coins de rue ».
Ici faire la foire prend tout son sens. On peut achallander, bien sûr, mais on mange aussi, on boit, on rit, on danse, on chante, on rencontre, on discute… Une bonne humeur et une joie de vivre véhiculées par les nombreux bénévoles, mais qu’on doit beaucoup aussi à Madeline.
Costumière salariée de l’association, c’est elle qui les habille depuis plus de dix ans.
Dix ans à fouiller les archives et les mémoires pour retrouver les secrets parfois bien enfouis d’un siècle révolu. Pour autant Madeline sait vivre avec son temps. « On ne vit pas dans le passé. On n’a pas de regrets en se disant : c’était mieux avant. On travaille juste pour pouvoir, quelques journées par an, retrouver un peu de simplicité et le respect des choses anciennes. »

MADELINE GUERIN 3

Un devoir de mémoire
Dix ans ! Un lustre pendant lequel, la petite fée de l’association a su se rendre indispensable. Un sacré travail, pour ne pas dire un travail sacré. Car confectionner ou repriser un costume d’époque, ce n’est pas seulement reproduire ou rapiécer un vieux vêtement abîmé, c’est entretenir un patrimoine. L’usure et l’obsolescence d’un habit vont de paire avec celles des us et coutumes d’une époque. Pour Madeline, chaque coup d’aiguille tisse un lien vers un passé et des traditions qui s’estompent.
Un devoir de mémoire en quelque sorte. Et même si Madeline n’est pas une Challandaise pure souche, (elle est née à Port-Saint-Père), elle en a très vite adopté l’histoire et les usages. « Au début, j’ai beaucoup travaillé à partir de photos, de livres, et d’images. Par la suite, l’essor des banques de données sur internet m’a beaucoup aidé. Mais je continue toujours d’apprendre auprès des anciens. ». Des techniques, un savoir-faire qu’on ne retrouve pas ou peu dans les livres.
« Beaucoup de choses se transmettaient oralement. Continuer à les utiliser et les remettre au goût du jour permet de ne pas les perdre. »MADELINE GUERIN 4

…Suite à lire dans le Magazine de Challans, Mer et Marais n°1, Parution Avril 2019

Portrait sur L’Hippodrome de Challans, 10 ans d’efforts enfin récompensés

HIPPODROME DES NOUES

Hippodrome des Noues
C’est l’un des meilleurs hippodromes du Département. Entièrement refaite il y a dix ans, la piste des Noues a su redonner à la Société des Courses de Chevaux de Challans les couleurs qu’elle avait perdues. Finis les obstacles. Désormais, c’est au trot que les cracks viennent labourer le sable maraîchin pour concourir et faire le spectacle.

Ce changement en profondeur a nécessité beaucoup d’efforts et d’investissements. Mais après une décennie de travail et un succès grandissant, la piste de l’hippodrome vient d’être promue piste européenne de 1re catégorie A.

HIPPODROME DES NOUES 2

Le pari était osé. « Mais il fallait bien faire un choix. » Jean-Paul Gaillard l’a fait. En prenant les rênes de la Société des Courses de Chevaux de Challans en 2007, il a vite dû se rendre à l’évidence. « Entre le plat, l’obstacle et le trot, on ne pouvait plus fournir. L’entretien revenait cher et cela ne faisait pas davantage venir le public. Et puis, à vouloir faire trop de choses on ne faisait finalement rien de bien. Alors on a décidé de ne garder qu’une discipline, et on a privilégié le trot. » L’écho des réfractaires à cette idée a longtemps résonné dans le pays maraîchin. Mais Jean-Paul Gaillard n’a pas lâché la bride. Soutenu par la municipalité il fait refaire entièrement la piste en supprimant les obstacles, en 2009. L’investissement est important mais le résultat est enfin là. Après dix ans d’efforts, la Fédération a décidé, cette année, de promouvoir l’hippodrome des Noues en 1re catégorie A.

HIPPODROME DES NOUES 3

Plus cent ans de passion
Il faut dire qu’à Challans, la passion pour les courses de chevaux ne date pas d’hier. Les premières remontent à la fin du XIXe siècle, mais elles relèvent encore davantage de la fête hippique où se mêlent chevaux de course et chevaux de pays. Les parcours se font sur les terrains privés de l’organisateur, M. de Baudry d’Asson, en reliant Fonteclose à La Garnache, avec des passages à gué inondés pour la beauté du spectacle.
En 1924, le Raid Hippique, créé par Mr Robert de Casson se veut plus sérieux, mais tient plus de la chevauchée fantastique que du derby. Les premiers raids se couraient sur route en deux manches d’une trentaine de kilomètres.
Il faudra attendre 1939 pour que François Boux de Casson crée la nouvelle Société des courses, telle qu’on la connait aujourd’hui, et lance les premières épreuves officielles sur l’hippodrome des Noues.

HIPPODROME DES NOUES 4

…Suite à lire dans le Magazine de Challans, Mer et Marais n°1, Parution Avril 2019

Jacqueline Auriol, une Challandaise au panthéon de l’aviation

Jacqueline AURIOL

C’est l’une des plus grandes gloires de Challans.
Jacqueline Auriol a marqué l’histoire de l’aviation française autant par son courage et sa ténacité que par ses exploits.
Première femme pilote d’essai, la belle-fille du Président Vincent Auriol est aussi première femme à dépasser le mur du son et enchaîner les records de vitesse. Challans ne s’y est pas trompé, puisqu’une place porte aujourd’hui son nom et bientôt un collège.

Jacqueline AURIOL 2

Le 13 juin 1930, Henri Guillaumet, se crashe dans la Cordillère des Andes. Prisonnier d’une tempête de neige, le héros de l’aéropostale parvient, après bien des manœuvres dignes d’un champion de voltige, à poser son appareil d’urgence aux abords du Lac du Diamant (Mendoza, Argentine). Il est secouru sept jours plus tard par un berger, après avoir marché 60 km dans le blizzard sans eau ni vivre durant cinq jours.
Un exploit qui fera date et que son ami, Antoine de Saint-Exupéry relatera dans son livre Terre des hommes. Une phrase en reste aujourd’hui encore célèbre : « Ce que j’ai fait, je te le jure, jamais aucune bête ne l’aurait fait. »
La même année, une petite fille s’amuse à escalader les arbres du jardin de ses parents à Challans. Jacqueline Douet a treize ans. Elle ne s’appelle pas encore Jacqueline Auriol, mais nourrit depuis sa plus tendre enfance par les exploits des grands Vendéens volants (René Guilbaud, René Couzinet…), elle rêve déjà d’un destin d’exception et cherche à prendre de la hauteur sur les branches des cèdres de la propriété familiale.
Une première marche dans l’ascension qui la mènera, des années plus tard, à rejoindre Henri Guillaumet au panthéon de l’aviation.

Jacqueline AURIOL 3

Son père, Edmond Douet, dirigeait un négoce de bois, sur la parcelle qu’occupent actuellement les locaux du Crédit Mutuel. Une entreprise de famille créée en 1880. À Challans, Jacqueline passe une enfance heureuse, mais affirme déjà un caractère rebelle.  Jeune femme à l’esprit vif et au charme dévastateur, Jacqueline monte finalement à Paris pour intégrer l’école des Beaux Arts. C’est là qu’elle rencontre Paul Auriol, qu’elle épouse en 1938. Elle a 21 ans. À Challans, le mariage d’une fille de royaliste avec le fils du socialiste Vincent Auriol fait grand bruit. Mais Jacqueline aime autant les défis que bousculer les conventions. La guerre ne l’épargne pas. Vincent Auriol vote contre l’accord de plein pouvoir au Maréchal Pétain et tombe en disgrâce. Paul est envoyé au front. Et Jacqueline doit constamment changer d’adresse et d’identité. Heureusement pour elle, Vincent Auriol revient sur le devant de la scène à la libération. En 1947, elle monte les marches de l’Élysée au bras de son époux et de son beau-père, élu Président de la République.

Pendant un temps elle se consacre à son métier de décoratrice, en refaisant notamment quelques salons du Palais présidentiel. Son nouveau statut lui vaut de côtoyer de nombreux artistes, écrivains… Elle se plie aux mondanités, mais au fond d’elle-même, se sent à l’étroit dans les salons et rêve d’immensité, de liberté et de sensations fortes.
Son âme d’aventurière prend finalement le dessus. En 1948, elle passe son brevet de pilote et se lance dans la voltige aérienne. Le début d’une ascension fulgurante !
Prise de passion et persévérante, elle rassure vite les méfiances dûes à son rang et à son sexe. La belle-fille du Président est sous les projecteurs et son entrée médiatique dans un milieu traditionnellement masculin relève du défi pour certains, mais de l’affront pour d’autres. Qu’importe, malgré son statut, Jacqueline reste une femme libre. Et tenace…

Jacqueline AURIOL 4

…Suite à lire dans le Magazine de Challans, Mer et Marais n°1, Parution Avril 2019

Les Foulées du Gois en Vendée : une aventure humaine à contre-courant

Le Gois, cette route improbable reliant l’île de Noirmoutier au continent qui ne se découvre qu’à marée basse, a toujours été le paradis des pêcheurs à pied. Ils sont près de cinquante mille à s’y retrouver tous les ans par grande marée. Le temps d’une journée de mortes-eaux, pourtant, ces coureurs de bivalves cèdent leur place à d’autres coureurs. D’exploits, ceux-là.
Avec une moyenne de 1500 sportifs et 20000 spectateurs, Les Foulées du Gois n’ont jamais démenti leur succès. Cette course contre vents et marées est devenue au fil des ans le rendez-vous incontournable des amateurs de défi extrême et de spectacle grandiose.

LES FOULEES DU GOIS 2

Les Foulées du Gois… Dès sa création en 1987 cette course aujourd’hui mythique avait tout pour séduire. Son originalité, sa difficulté et son cadre magnifique attirent à chaque édition près de deux mille coureurs, parmi lesquels l’élite nationale et internationale des courses de fond, venus en découdre avec l’océan.

Cette incroyable aventure humaine aurait pourtant pu ne jamais voir le jour. « Au départ, l’idée était de faire un marathon, » se souvient Roger Morisseau, le photographe officiel de la course depuis sa création. Le tracé partirait de Beauvoir, passerait par le Gois et reviendrait par le pont. Mais le temps de faire le tour de l’île, la marée aurait submergé le Gois. Pour des raisons de sécurité, le sénateur Jacques Oudin refuse de bloquer Noirmoutier un jour d’été en coupant le pont pour les coureurs.

LES FOULEES DU GOIS 3

Qu’importe. Joseph Cesbron, l’instigateur de l’événement, revoit sa copie. Finalement ce ne sera qu’un simple aller-retour sur le Gois. Une dizaine de kilomètre seulement, mais… dans l’eau ! « Avec quelques coureurs, on a testé le passage du Gois à marée montante, poursuit le photographe. C’était possible, mais il fallait quand même être pointu niveau course. » Le 20 juin 1987, la première édition des Foulée du Gois est lancée mais rassemble essentiellement des coureurs de la région.
Jacky Boxberger disparaît

Courir dans le courant avec de l’eau à mi-mollet, le défi est relevé mais l’idée séduit le champion de France et star de l’époque Jacky Boxberger. Sa présence l’année suivante encourage d’autres athlètes internationaux à le suivre. Mais l’exercice est nouveau et en surprend plus d’un. À commencer par Jacky lui-même. « Il faisait la course en tête, se souvient Roger Morisseau. Je le suivais avec mon appareil quand, soudain, il disparaît de l’objectif. Sous l’effet du gonflement de l’eau il avait simplement perdu une chaussure et avait plongé pour la récupérer. » Le champion terminera finalement à la quatrième place.

LES FOULEES DU GOIS 4

Des souvenirs comme celui-là, le photographe en a plein ses pellicules. Car ce qui fait aussi le charme de cette course de fond pas comme les autres, c’est sa part d’incertitudes. « Quand l’eau submerge le Gois, il y a deux courants qui s’épousent, ce qui rend la marée difficile à gérer. Si le courant est fort, il peut suffire d’une à deux minutes de retard à Barbâtre pour arriver à Beauvoir avec cinquante centimètres d’eau en plus. Je me souviens d’une année où un coureur avait été carrément emporté par le courant. Heureusement, c’était un bon nageur et il a pu être secouru. »

Mal préparés ou ne sachant pas à quoi s’attendre, bien d’autres ont eu des mésaventures. Comme le Djiboutien Aden Yayé, qui a dû retirer une à une les pointes de ses chaussures car il pensait courir sur du sable, ou encore Jean-Paul Gahimbaré. « Le plus beau coureur que je n’ai jamais vu depuis trente ans. Il avait été surnommé le Burundais volant car on avait vraiment l’impression qu’il courrait au-dessus de l’eau. Quand il est arrivé et qu’il a vu l’océan à marée haute, il a aussitôt appelé sa famille en disant : c’est magnifique, il y a un lac immense devant. Mais je me demande comment on va courir dedans demain. » Cette phrase innocente peut prêter à sourire, mais ne l’empêchera pas de marquer les Foulées du Gois de son empreinte en remportant l’édition 98.

LES FOULEES DU GOIS 5

Photos : ©Roger Morisseau

…Suite à lire dans le Magazine de Challans, Mer et Marais n°1, Parution Avril 2019