Habitat écologique : Le point de vue de l’Architecte Olivier DUGAST…

 

OLIVIER DUGAST

Le monde de la construction évolue et poursuit lentement son adaptation aux défis environnementaux d’aujourd’hui. Et la profusion de nouvelles normes et de solutions écologiques pour l’habitat peut parfois désorienter les porteurs de projet. Olivier Dugast, architecte à La Roche-sur-Yon, nous aide à y voir un peu plus clair sur cette évolution.

Est-il possible de vivre aujourd’hui dans des habitats qui respectent vraiment notre environnement ?
Tout cela dépend jusqu’où on pousse la démarche écologique. Le premier impact qu’a notre habitat sur l’environnement est la consommation d’espace naturel. Par exemple, le modèle de la maison individuelle, très ancrée dans notre idéal d’habitation, consomme beaucoup de cet espace. La réglementation a d’ailleurs évolué à ce sujet. Les parcelles de lotissement sont progressivement passées de 1 000 m2 en moyenne à 450 m2 aujourd’hui.
L’idéal serait de recycler la ville sur elle-même en la densifiant, en privilégiant donc l’habitat collectif.
Le second facteur primordial est la maîtrise de l’énergie. Cela pour l’habitat lui-même mais aussi en amont, lors de sa conception puis de sa réalisation. On peut choisir les circuits courts pour les matériaux et équipements afin de limiter les transports, bien gérer l’eau et l’électricité sur les chantiers, et aussi recycler les déchets générés par la construction.
Enfin, il y aura bien entendu tous les choix qui seront faits quant à l’habitat lui-même : orientation, isolation, mode énergétique…

Est-ce rentable d’investir dans la construction ou la rénovation écologique ?
Il y a forcément un surcoût. Et ce dernier, comme la rentabilité de l’investissement, dépendra des choix de départ, et à quel point on veut que sa maison respecte l’environnement. On peut estimer qu’une maison durable devient rentable au bout de 10 à 15 ans. Cela dépend aussi des équipements. Les panneaux photovoltaïques par exemple, demandent un certain entretien et un remplacement à assez court terme. On est donc en droit de se demander si l’investissement de départ est judicieux. D’autant que c’est une technologie qui demande plus d’énergie à la fabrication que ce qu’elle permet d’économiser.
Cependant, ce n’est pas le cas pour tous les produits. Et un projet simple et bien réfléchi peut permettre d’atteindre le bon équilibre entre investissements et économies. Je pense d’ailleurs à ce sujet que les banques devraient prendre en compte ces économies à long terme et mieux aider les investisseurs quant à ce surcoût à la construction.

L’habitation durable oblige-t-elle à sacrifier l’esthétique ?
De prime abord non, même si l’abandon des matériaux esthétiques peu vertueux peut avoir un impact sur l’aspect final. Mais on trouve toujours des produits de remplacement et cela permet aussi de changer de point de vue.

Y a-t’il des critères écologiques minimum sur lesquels vous ne dérogez pas lorsque vous répondez à une commande ?
On ne peut pas tout s’interdire. Mais il est vrai qu’il y a certaines choses qu’on ne fait plus aujourd’hui. Par exemple, nous ne proposons plus de chauffage au fioul. Nous interdisons également la mousse polyuréthane sur les chantiers et nous veillons au bon recyclage de tous les déchets. Car il faut admettre que le monde du bâtiment n’est pas encore le plus vertueux en terme d’environnement…

Suite à Lire dans le magazine HABITER EN VENDEE n°12 , parution Octobre 2019.

En vente 4,50 € dans les maisons de presse.

L’autre monde possible de Guillaume Chauvin

GUILLAUME CHAUVIN

Depuis 10 ans, Guillaume Chauvin pose un regard attentif sur notre société et ses perspectives d’évolution. Ce Yonnais de 32 ans veuT croire que la prise de conscience par tous des enjeux environnementaux est encore possible. Tiraillé entre optimisme et désillusions, il mobilise ses contemporains autour d’actions locales et interpelle élus et responsables à l’urgence écologique.

Les pages de la presse régionale et les réseaux sociaux commencent à connaître son nom. Depuis quelques années, Guillaume Chauvin se fait le porte voix de la cause écologique à la Roche-sur-Yon et sur l’ensemble du département vendéen. Le plus souvent, en faisant la promotion sur le net et sur le terrain, des actions lancées à l’échelle nationale ou internationale.

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Marcher et courir pour l’environnement

On se souvient notamment de l’initiative Run Eco Team, née sur internet en 2016 et relayée par Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook. Le concept étant d’allier course à pied et ramassage des déchets. Le mouvement a initié près de 400 événements en 2 ans à travers le monde. En Vendée, c’est Guillaume Chauvin qui s’en fera l’ambassadeur. « Nous avons organisé une douzaine de sessions dans la région depuis le lancement » explique-t-il. « Et nous sommes passés de 18 à 80 participants par session. »

C’est encore lui qui prend la parole, place Napoléon, lors de la première marche pour le climat en septembre 2018. Une action nationale, lancée à l’appel de Nicolas Hulot après sa démission du gouvernement, et qui avait réuni 450 personnes dans la préfecture vendéenne. « Il n’y avait pas trop de concept au départ. L’idée était de se réunir, avec chacun un message de sensibilisation, et de lancer la discussion autour des enjeux écologiques. »

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Mobiliser citoyens et élus

Car c’est bien là le nœud du problème : organiser le débat et réfléchir à ce que chacun peut faire à son niveau. À la fois dans les actions concrètes au quotidien, mais aussi en révisant son mode de pensée.
Mais, pour changer une société, tous ses étages doivent être concernés. Guillaume Chauvin l’a bien compris. C’est pourquoi il interpelle de plus en plus les élus. « En octobre 2018, nous avons remis symboliquement une copie du rapport du GIEC(1) au maire de La Roche-sur-Yon. Nous y avons ajouté sept propositions, déjà en oeuvre dans d’autres villes, et qui pourraient être appliquées ici. »
Les élus disent étudier la question mais Guillaume attend toujours des décisions tangibles. « Certes, le temps politique n’est pas le même que celui de la mise en oeuvre concrète pour le particulier. Mais l’urgence est là, et beaucoup de solutions peuvent facilement et rapidement être mises en oeuvre. »

En effet, le jeune homme estime qu’il est plus que temps d’agir et qu’élus et citoyens sont depuis très longtemps avertis du problème. « On sait depuis le début des années 70 et le rapport Meadows(2), que la croissance a ses limites. En mobilisant les gens, nous espérons que le nombre fera bouger les décideurs. Car la phase de ce qu’on appelle la transition écologique se réduit de plus en plus. Et nous nous dirigeons tout droit vers une époque d’obligation au changement. Le choc n’en sera que plus brutal. »

Un nouveau logiciel de pensée

De son côté, le jeune homme a depuis longtemps effectué cette prise de conscience. Une révélation qu’il a eu à l’occasion de plusieurs voyages à l’étranger. (voir notre article pages 52) « J’ai passé plusieurs mois en Australie. Le dépaysement total m’a ouvert les yeux sur le fait que nous voyons trop les choses à l’échelle franco-française, par le petit trou de la lorgnette hexagonale. J’ai voyagé également ailleurs en Europe. D’autres modèles sont possibles. Il faut confronter nos points de vue et s’ouvrir à des façons de penser différentes. » Un changement de logiciel, donc, que Guillaume met en application dans sa vie de tous les jours, tant sur le plan privé que professionnel.
En 2016, il lance en effet son activité de livraison en vélo électrique et veut tout de suite y associer les pouvoirs publics. Il propose à la mairie yonnaise d’effectuer le transport des livres et documents entre les différentes médiathèques de la ville en vélo-porteur. « Ma proposition n’a pas trouvé l’écho que j’espérais » regrette-t-il. « Le transport se fait toujours en voiture. Dommage, pour une ville qui veut mettre en avant les déplacements doux. » Il admet toutefois que la création de la Maison du Vélo par la municipalité va dans le bon sens. C’est encore lui qui tentera de convaincre une élue locale de ne pas effectuer un lâché de ballons, dont le caoutchouc est accusé de polluer les océans, à l’occasion du centenaire de l’Armistice 1918. Sans succès.

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L’espoirs dans le contact humain

Aujourd’hui, celui qui se présente comme entrepreneur environnemental, fait déjà le point sur son jeune parcours. « Je ne pensais pas, il y a encore 10 ans, être dans ce mode de vie. Je me voyais dans le modèle conventionnel. » Et d’analyser avec lucidité les raisons de son évolution. « Le coeur du réacteur, c’est le contact avec les autres. Au départ, j’avais une tolérance assez limitée. Mes voyages et mes rencontres m’ont ouvert l’esprit. La confrontation à d’autres points de vue est essentielle pour élargir sa vision des choses. Au final, le plus important, c’est l’interaction humaine…

Suite à lire dans le magazine J’OSE EN VENDEE n°6 – Parution Avril 2019

Expo : « Estuaire Monumentale Nature » au Centre Beautour

 

L’exposition « Estuaire Monumentale Nature » est un aperçu de l’estuaire de la Loire sous un angle inédit. Partant des œuvres pérennes implantées le long de la Loire dans le cadre de la manifestation culturelle Estuaire 2007-2009-2012, ce parcours révèle l’extraordinaire richesse des paysages, de la flore et de la faune entre Nantes et Saint-Nazaire.
Jusqu’au 31 décembre du mardi au samedi et jours fériés, 14h à 18h.  Adulte : 5 €. 6-15 ans : 3,50 €. Gratuit enfants moins de 6 ans, Centre Beautour – Route de Beautour – Accès Parc Eco 85, La Roche-sur-Yon, tél 02 51 24 32 40 .