Gabriel Mercier, déjà mille et une vies… Et des rêves plein la tête !

Sportif accompli mais également féru de sciences, il est surtout curieux de tout. Cette envie de tout savoir, de tout faire, l’a déjà mené sur divers chemins. Professeur devenu cascadeur, le Yonnais Gabriel Mercier est aujourd’hui réalisateur. Et, à 41 ans, il n’a pas fini de tracer sa route !

Lorsqu’on lui a demandé si l’on pouvait le rencontrer, il n’a pas hésité. Car, parler de ce qu’il aime, Gabriel Mercier ne s’en lasse jamais. « Et on peut faire ça à l’hôtel Ibis de La Roche-sur-Yon », a-t-il proposé d’entrée. Ce lieu, il ne l’a surtout pas choisi au hasard. « J’y ai mes habitudes ». L’établissement, dirigé par son ami Mathieu Parent, est également synonyme de tremplin pour le réalisateur yonnais. C’est en mettant en scène cet hôtel qu’il a remporté le trophée de la vidéo touristique et culturelle de l’année, au salon du e-tourisme, à Cannes, en janvier 2017. Depuis, les sollicitations ne manquent pas. Et, l’été dernier, c’est la vidéo qu’il a réalisé afin de promouvoir le tourisme dans l’agglomération yonnaise qui a fait le buzz sur internet.
Comment en est-il arrivé là ? Si vous êtes pressé, il vaudrait mieux éviter de lui poser la question. Mais, si ce n’est pas le cas, que vous aimez les histoires insolites et autres trajectoires atypiques, alors n’hésitez pas. Assis dans un bon fauteuil, on pourrait l’écouter pendant des heures. Car il en a des choses à raconter. Alors, bien sûr, cela part parfois dans tous les sens. A l’image de sa vie… Le jeune quadra nous parle de l’univers. Il cite Stephen Hawking, le célèbre astro-physicien. Il regrette qu’on nous « conditionne très tôt alors que l’on est peut-être fait pour autre chose ». Il philosophe sur « l’homme qui est quand même formidable à la base et tellement primaire aussi, capable de continuer à agir comme il le fait alors qu’il sait qu’il se fait du mal ». Puis c’est l’écrivain Isaac Asimov qui l’inspire à son tour. Les livres, la science… « J’ai toujours adoré ça ». En fait, on a surtout l’impression qu’il adore tout, Gabriel Mercier. Ou plutôt, que tout l’intéresse. « Incroyablement curieux », c’est aussi ce qu’avaient dit de lui un prof de fac dont il était très proche.

GABRIEL MERCIER 2

Préparé pour la 3e guerre
Gamin, il avait déjà le regard fixé vers les étoiles. Avec sa carte astronomique et ses bouquins de sciences dans les mains. Un petit bonhomme à lunettes qui passe des heures dans sa chambre, pensez-vous ? Pas du tout. Son père est un sportif de haut niveau. Et il y a aussi son grand-père, ancien maquisard. « Il était persuadé qu’il y aurait rapidement une troisième guerre mondiale », explique Gabriel. « A six ans, il m’enseigne le tir au pistolet, à la carabine et même à la kalachnikov. Mais, attention, on ne tire jamais sur les animaux. On ne tue pas ce qui est beau. » Un an plus tard, son grand-père lui offre son premier couteau de survie. Surtout, il lui apprend à courir, sauter, grimper, nager. « Il me disait que mon corps devait être une arme pour me défendre, que je devais être capable d’éviter un véhicule qui foncerait dans la foule par exemple. Dire qu’il me disait ça il y a trente ans. Quand on voit ce qui se passe aujourd’hui… Bref, je devais pouvoir me protéger en m’entraînant. »
S’entraîner, Gabriel Mercier ne s’arrêtera jamais de le faire. Le sport prend une place essentielle dans sa vie. Rapidement, il se met à l’escalade, au BMX, ou encore au kayak… Il adore les sports extrêmes. Mais c’est surtout en gym et en athlé qu’il affiche de réelles dispositions. Et quand vient le temps de prendre une décision concernant ses études, le choix est cornélien. « J’aurais aimé faire médecine ou me tourner vers une fac de sciences et vie de la terre, mais il m’aurait fallu mettre le sport de côté. » Après un sport-étude athlétisme qui l’a mené à La Roche-sur-Yon, sa ville d’adoption, ce sera donc STAPS à Nantes.

Aux côtés de Luc Besson
Prof de sport, c’est sympa. Mais ça ne lui suffit pas. Sa vie qui prend un virage inattendu lorsqu’avec son pote, Stéphane May, il décide de se présenter à un casting. « Jean-Pierre Foucault voulait se retirer du paysage audiovisuel et cherchait quelqu’un pour lui succéder. On s’est pointé là-bas sans même avoir fait les pré-sélections. » Le culot paie. Certes, il ne prend pas la place du célèbre animateur de TF1, mais il tape dans l’œil de la directrice de la communication. Il atterrit à Paris, s’essaie au cours Florent notamment. « Mais je sens que ce n’est pas ma place. » Une place, il va en trouver une en frappant à la porte des régleurs de cascade. Il rencontre Michel Julienne, fils de Remy… Puis, il intègre l’équipe de Luc Besson aux côtés des Cyril Raffaëlli et autre David Belle. De Angela à Banlieue 13, il multiplie les tournages. « Mais celui qui m’a le plus botté, c’est Arthur et les Minimoys. Ça avait lieu chez Luc Besson lui-même. En plus, je découvre la Motion Capture, qui permet d’adapter au virtuel les mouvements d’un acteur réel. Je kiffe ! » Car, découvrir, apprendre, savoir… Ces mots le caractérisent toujours autant. Mais pas seulement. Ce savoir, il veut le partager…

Article à Lire dans Le Magazine de la Roche-sur-Yon, Parution décembre 2017