A Luçon, Vendée. BIOCOOP Terre Mère, cultive le bio et la proximité…

Laurent ALLONNEAU

Depuis bientôt 4 ans, le magasin Biocoop de Luçon propose à la population locale une large gamme de produits issus de l’agriculture biologique. Plus que de simples détaillants, les magasins du réseau Biocoop sont engagés dans le soutien à de nouvelles formes d’agriculture, respectueuses de l’environnement et de la santé des consommateurs. Proche de ses clients comme de ses fournisseurs, Biocoop Terre Mère de Luçon est reconnue au niveau national pour son implication et son dynamisme.

BIOCOOP LUCON

Une histoire de 40 ans
Créé en novembre 2015, le magasin de la route de Fontenay à Luçon est alors la cinquième enseigne Biocoop à ouvrir sur les sept que compte aujourd’hui la Vendée. Il fait partie des 560 magasins du réseau Biocoop en France, une coopérative née dans les années 80 de la fédération des associations d’agriculteurs qui avaient initié l’agriculture biologique en France dès les années 70.
Spécialisé dans les produits d’alimentation biologiques, ainsi que les éco-produits (hygiène, entretien…), Biocoop ne propose à la vente que des produits 100 % bio, et est administré par les gérants, salariés et fournisseurs qui en sont les sociétaires.

Qualité et proximité
Biocoop se distingue de la grande distribution bio traditionnelle par sa volonté d’aller encore plus loin dans la spécificité des produits proposés. « Nous nous intéressons non seulement aux contenus, mais aussi aux contenants » explique Laurent Allonneau, gérant de Biocoop Luçon. Le magasin ne propose notamment pas d’eau en bouteille plastique et dispose d’un très large rayon de produits disponibles en vrac.
« Nous privilégions également la proximité de nos fournisseurs. Environ 15 % des produits vendus dans notre magasin sont fabriqués localement. » Une proximité que Biocoop Luçon cultive aussi avec sa clientèle. « Nous nous efforçons de privilégier toujours l’accueil et le service. Nous connaissons bien nos clients, nous partageons leurs valeurs et leur quotidien. »

BIOCOOP LUCON 2

Soutien à la production locale
Soucieux de respecter au mieux l’article 1 de la Charte de la coopérative sur le développement de l’agriculture biologique, Laurent Allonneau et son équipe multiplient les initiatives de soutien à l’installation de jeunes producteurs bio. « Nous leur apportons un soutien en logistique, en communication et même financier. Régulièrement, ils sont accueillis dans notre magasin où ils peuvent présenter leur activité aux clients et échanger avec eux. »

LA bio, une philosophie écologique et sociale
Mais Biocoop Terre Mère de Luçon va encore plus loin dans ce qui est aujourd’hui une véritable philosophie, celle d’apporter les produits bio au plus près des clients et au même prix. « C’est ce que nous appelons La Bio. Permettre à tous de profiter de l’agriculture biologique en la développant et en s’impliquant plus avant dans une démarche sociale. Biocoop c’est plus qu’un produit dans un rayon.»
Ainsi, Biocoop Luçon fait figure de précurseur en terme de distribution et à mis en place un système de vente délocalisée. Ce principe consiste à proposer dans un autre commerce, généralement dans une petite commune rurale, un point de vente de produits bio. « Nous nous installons ponctuellement dans une ville ou un village, au plus près de la clientèle, là où les commerces disparaissent. » Une implication dans la revitalisation du milieu rural d’ailleurs très appréciée des maires vendéens. Et une spécificité de l’enseigne luçonnaise reconnue au sein du réseau national.

A lire dans le magazine J’OSE EN VENDEE n°6 – Parution Avril 2019

« Quand on goûte au bio, on ne revient plus en arrière »

Elina Prault, gérante d’un magasin Biocoop
à Bressuire (Deux-Sèvres) et membre du conseil d’administration Biocoop France

Biocoop et le bio, c’est déjà une vieille histoire ?
Le réseau existe depuis trente-deux ans. On vient de franchir le cap des 500 magasins en France. En Vendée, nous venons d’en ouvrir un, à Chantonnay, début février. Il est voisin de l’Hyper U.

Tout le monde se met au bio, les grandes surfaces aussi. C’est quoi, la différence entre vous et la grande distribution ?
Notre originalité, c’est l’existence de notre conseil d’administration, qui réunit des représentants des magasins, des producteurs, des consommateurs et des salariés. Chacun à son mot à dire. On se réunit une fois par mois. Quand on décide, par exemple, de faire un effort sur le prix d’un produit, le producteur, la plateforme d’achat et les magasins acceptent, collectivement, de diminuer leur marge.

Du bio dans la grande distribution, ça vous inquiète ou vous voyez ça d’un bon oeil ?
Ça fait partie des débats qu’on peut avoir entre nous. La GMS réalise de grosses parts de marché aujourd’hui, c’est un fait. À titre personnel, je pense que ce n’est pas une mauvaise chose que le bio arrive en grande surface. La grande distribution peut permettre de démocratiser le bio. Il n’est pas forcément facile de pousser la porte de nos magasins. Il peut y avoir des réticences à le faire. Et puis, il peut être difficile de changer ses circuits habituels, quand on est habitué, depuis longtemps, à faire ses courses dans la même grande surface. Acheter du bio en grande surface, c’est un premier pas.

Le bio, tout le monde en parle, mais tout le monde n’en consomme pas encore ?
C’est vrai. Mais aujourd’hui, tout le monde consomme du bio au moins une fois par mois.

Après avoir « goûté » au bio, est-ce qu’il arrive qu’on revienne en arrière ?
C’est rare. En général, je conseille d’ailleurs de commencer par les fruits et légumes bio. Les entendre dire : « Ah, ces tomates, elles ont vraiment un goût de tomate ! » ou « J’ai retrouvé le goût des fruits de chez mes grands-parents ! », ça fait vraiment très plaisir. Quand on goûte au bio, on ne revient plus en arrière ! Après, bien sûr, en fonction des budgets, il y a des arbitrages à faire.

Est-ce qu’on peut dire aujourd’hui que le bio a gagné la partie face au conventionnel ?
Je crois que la question de savoir s’il faut aller vers le bio, elle ne se pose plus. On a longtemps produit en quantité sans se soucier du qualitatif. Ce temps-là est terminé. Le monde agricole change ! Si tout le monde consommait du bio, le trou de la Sécu diminuerait, c’est une certitude !

Les grands changements demain, dans le bio, ce sera quoi ? L’avènement du vrac ?
Oui, c’est la tendance de fond, car c’est à la fois plus écolo et plus économe. Depuis longtemps, on fait du vrac, avec les céréales notamment. Mais on le développe depuis peu avec les liquides, l’huile, le miel, etc… L’évolution de la réglementation le permet. L’autre enjeu, c’est le renforcement de la localisation. On veut que nos magasins soient des lieux de vie, avec des producteurs locaux qui viennent régulièrement.

A lire dans le magazine J’OSE EN VENDEE n°5 – Parution Avril 2018