Un vin qui fait son chemin

De la terre du Pays Yonnais à l’Atelier de Robuchon

Fils de viticulteur, devenu sommelier, Jean-Marc Tard n’avait jamais imaginé être viticulteur à son tour. Aujourd’hui pourtant, son vin « made in » Chaillé-sous-les-Ormeaux, est bien présent sur des tables considérées comme les plus belles du Pays… ainsi qu’au Japon et aux Etats-Unis !

Amateur de bon vin, et alors qu’il était sur le chemin du retour après un sympathique séjour chez des amis vendéens, ce couple s’est décidé à faire un petit détour. « On a entendu dire qu’on produisait quelque chose qui valait le coup à Chaillé-sous-les-Ormeaux ». Du bon vin, du très bon vin même, et qui sortirait de terre à une petite dizaine de kilomètres de La Roche-sur-Yon ?
L’histoire aurait fait sourire il y a encore quelques années. Aujourd’hui, il n’est pourtant plus du tout question de rigoler. Quand madame porte son verre à la bouche, la surprise est totale. On lui en avait dit du bien, mais elle ne s’attendait pas à un rosé aussi agréable… « aussi fin ! » Son mari confirme.
Jean-Marc Tard est ravi. Ce qu’il apprécie surtout, c’est d’entendre parler de son vin en des termes aussi élogieux. Car c’est qu’il s’en donne du mal pour en arriver à ce résultat. Le vin, il est tombé dedans quand il était tout petit. « Mon père était viticulteur à Talmont ». L’ambiance des vendanges, le raisin stocké dans la cave… Les souvenirs sont nombreux. Et pourtant, à ce moment là, le garçon n’est pas du tout attiré par le métier. « Être viticulteur à mon tour ? Je n’en avais pas du tout l’intention. Moi, ce que je voulais, c’était voyager. » Sa connaissance du monde viticole et cette envie de parcourir la planète vont rapidement le mener vers le métier de sommelier. Après avoir obtenu son diplôme à Vannes, il fait donc sa valise. Direction… les Antilles ! « Je n’y allais pas complètement par hasard car je savais que de nombreux grands chefs français investissaient là-bas ». Mais Jean-Marc ne le cache pas, ce qu’il recherche surtout dans cette partie du globe, « c’est le soleil et la mer ! Je ne peux pas m’en passer. » Avec son sac à dos, il débarque donc du côté de Saint-Martin et frappe à de nombreuses portes. « C’est sûr que je partais un peu à l’aventure quand même ».
Le sommelier exercera également son activité à Londres puis en Espagne, « au moment de l’Exposition universelle de Séville ». Ensuite, ce sera Paris ! « En fait, j’y travaillais de mai à septembre et, de septembre à mai, je retournais aux Antilles ». Pour le soleil, toujours ! Des allers-retours qui dureront cinq ans avant que l’homme ne se décide à ouvrir une cave aux Sables d’Olonne, en 1999. Mari et père, il est alors temps pour lui de se poser un peu.
Son père à lui cultive toujours sa vigne à quelques kilomètres de là. Mais, en 2005, alors que ce dernier a prévu de cesser son activité un an plus tard, il tombe malade. Jean-Marc décide alors de l’aider autant qu’il le peut. « Pour moi, il n’est toujours pas question de lui succéder, mais en aidant mon père, j’ai retrouvé ce contact avec la terre… Voir la vigne se transformer au cycle des saisons, c’est quelque chose que je connaissais déjà, mais que j’avais un peu oublié. Oui, c’est à ce moment-là que je me suis pris d’amour pour ce métier. »

Jean-Marc TARD
Le temps passe. Il réfléchit. Se renseigne aussi. Et, au hasard d’une discussion, ce sera le déclic. « Je connaissais Jacques Laurent (patron de PRB) pour avoir travaillé au restaurant Le Cayola dont il est également propriétaire. Et alors qu’on parle vin dans ma cave, il me dit qu’il envisage de vendre des parcelles à lui pas très loin de Mareuil. »
Jean-Marc ne bronche pas. Sur le moment. Mais quelques jours plus tard, il donne un petit coup de fil à Jacques Laurent pour lui faire part de son projet. Tout va alors s’enchaîner très rapidement. « Nous étions à la fin de l’année 2008. Et début 2009, j’étais déjà installé. »
Les parcelles qu’il a achetées se situent non loin de Mareuil-sur-Lay, c’est vrai. Mais, plus exactement à Chaillé-sous-les-Ormeaux. Ce n’est pas vraiment la même chose et c’est d’ailleurs ce qui a plu à cet amoureux du… très bon vin ! « Ici, je n’étais pas noyé au milieu de domaines viticoles. Entourées de bois et de friches, je savais que mes parcelles allaient profiter d’un maximum de vie micro-organique. » Surtout, situées sur les contreforts du Massif Armoricain, ses vignes profitent d’un sol granitique et minéral unique. « C’est un terroir qui ne ressemble en rien à ce que l’on trouve ailleurs et qui donne à mon vin son caractère si particulier. Un vin très tendu et très minéral, avec une petite salinité en fin de bouche. »

BARRIQUES TARD

Les connaisseurs ne s’y trompent pas. Et le Domaine des Jumeaux possède déjà une belle notoriété. « C’est allé beaucoup plus vite que je n’osais l’espérer ». Mais, à terme, Jean-Marc Tard ne le cache pas, là était l’objectif qu’il s’était fixé : « Je voulais que mon vin soit présent sur les bonnes tables avec un sommelier qui parle de lui, de son histoire. » Pari tenu ! Aujourd’hui, outre les meilleures tables nantaises, tel Le Manoir de la Boulaie, ou encore le Castel Marie-Louise à La Baule, l’Atelier de Robuchon à Paris propose lui aussi du vin « made in Chaillé-sous-les-Ormeaux » et son sommelier se fera un plaisir de vous le présenter.

Article à Lire dans La Roche-sur-Yon magazine n°12 – Décembre 2017

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