St Gilles & Henri Simon.

Rarement un peintre et sa ville, n’auront été si liés qu’Henry Simon et Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Alors, pourquoi ne pas mettre ses pas dans ceux de l’artiste et flâner dans la ville à la rencontre des lieux qu’Henry Simon coucha sur la toile ?

C’est ce que propose la ville, avec un superbe et ingénieux carnet de parcours que vous trouverez à l’Office du Tourisme, qui permet de découvrir la ville au travers de l’œil du peintre.

Des berges de la Garance à la plage de Boisvinet, à chaque halte correspond une œuvre, son commentaire et sa mise en contexte. Des pages blanches transforment le carnet de parcours en carnet de croquis, permettent d’aiguiser son regard et sa main et de s’essayer à l’art subtil du dessin sur le vif.

Henry Simon (1910-1987) né et mort à Saint-Hilaire-de-Riez, a peint et dessiné durant 60 ans. L’artiste s’est essayé à de nombreuses techniques, huile, gouache, pastel, aquarelle, dessin, encre, sanguines, sans oublier la poterie et la céramique. Il a aussi multiplié les supports, du papier aux plaques de lave en passant par la toile ou le carrelage.
Si les manières de faire sont variées, les thèmes abordés le sont également, allant des ponts de Paris, aux scènes de la vie algérienne, en passant par les bourrines, le bord de mer, la vie du port et des marins et sa captivité au stalag ou bien encore ses approches de la peinture abstraite.

Henry naît le 28 décembre 1910. Son père, instituteur, décède alors qu’Henry n’a que deux ans.

Henry montre dès l’enfance de réelles dispositions pour le dessin. En 1928, il entre à l’École des Beaux-Arts de Nantes. Au cours des années trente il est reconnu comme un jeune artiste prometteur et reçoit plusieurs prix destinés aux jeunes artistes. En 1931 il intègre l’école des Beaux-Arts de Paris. Il est de retour en Vendée en 1934, chez sa mère à la villa Krüger à Croix-de-Vie. Son inspiration est alors très locale.

Mobilisé en 1939, il est fait prisonnier à Dunkerque en 1940 et emprisonné jusqu’en 1941 dans un stalag de Prusse orientale. Durant sa captivité, il continue à peindre et dessiner autant que les conditions matérielles le lui permettent. La période d’occupation et son expérience de prisonnier de guerre le marquent profondément et il peint ou dessine peu.


Dès 1945 Henry Simon retrouve le rythme de ses expositions d’avant-guerre et découvre la céramique en 1949.

En 1954, Henry fait construire une bourrine, Les Rimajures, pour en faire son atelier. À cette époque les bourrines sont passées de mode, mais le peintre souhaite construire une bourrine authentique, avec toit de chaume. Il utilise la charpente d’une bourrine en démolition pour construire la sienne.
Dans cet atelier, Henry Simon peine à se réchauffer l’hiver. La légende dit qu’il utilisait parfois des gants pour peindre, à cause du froid. Un second bâtiment, est construit pour exposer les œuvres.

Durant cette période les thèmes et le style évoluent : l’eau, la jeunesse, les gens du marais vendéen et de la mer, le mouvement et la lumière, traités de manière expressive et poétique.

Fin 1960 Monique et Henry s’installent dans la maison familiale à Saint-Hilaire-de-Riez qu’ils nomment « Notre-Dame-des-Marais ». Henry y fait construire son nouvel atelier d’artiste qu’il utilisera dès lors toute sa vie.

Dans les années 1960 débutent pour Henry Simon les commandes de grands travaux de décoration d’édifices publics, le Casino municipal des Sables-d’Olonne, celui de Saint-Jean-de-Monts La Pastourelle, le Cinéma familial de Saint-Gilles-sur-Vie…

De 1972 à 1987, les réalisations de ce type se multiplient et Henry devient ainsi, malgré lui, « un artiste officiel ».

Il continue cependant à travailler dans le calme de son atelier sur des thèmes comme la jeunesse, l’eau, la danse, la musique, les jeux, le peuple de la mer et du marais vendéen, ou le cirque.

De 1980 à 1982, à la demande du maire de Saint-Hilaire-de-Riez, Henry réalise six grandes toiles qui parent les murs de l’église. Il s’éteint dans cette ville le 27 février 1987.

La place d’Henry Simon dans la ville, prendra une dimension nouvelle en 2022, avec l’ouverture d’un Centre d’art, suite à l’extension et la rénovation du site des Rimajures après des de travaux qui débutent cette année.

Nouvelles collections, résidences d’artistes, ateliers pédagogiques, bibliothèque d’art de 1 000 ouvrages, le lieu va offrir au public un regard enrichi sur l’artiste et l’art en général.

 

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