Commissaire-priseur, un métier à suspense.

Commissaire-priseur, un métier à suspense.

Un jour, elle vend une brouette. Une autre fois, une Porsche ou une bouteille de vin. Objet du quotidien ou objet d’art, toutes sortes de choses lui passent entre les mains.
Appelez là Maître Ingrid Girardot ! Elle est la commissaire-priseur de La Roche-sur-Yon.

Chaque jour ou presque, elle a le droit à son lot de surprises. Elle ? C’est Ingrid Girardot. Ou plutôt Maître Girardot. Son métier ? Commissaire-priseur. Depuis deux ans déjà, elle occupe le poste laissé vacant par son prédécesseur, Jean Raynaud, lequel profite désormais d’une retraite bien méritée.
Mais, au fait, un commissaire-priseur, qu’est-ce que c’est ? On a tous en tête ce personnage qui, un petit marteau à la main, frappe sur son bureau en criant : « Adjugé, vendu ! ». Si ce rôle de chef d’orchestre des ventes publiques constitue effectivement sa principale fonction, le commissaire-priseur se doit, avant tout, d’estimer les biens destinés à la vente. « Il faut toutefois différencier les commissaires-priseurs judiciaires des commissaires-priseurs habilités aux ventes volontaires », insiste Maître Girardot. Les seconds sont mandatés directement par le propriétaire du bien destiné à être vendu. « Ce sont eux que l’on retrouve dans l’émission Un trésor dans votre maison, à la télé. » Bien sûr, les commissaires-priseurs judiciaires pourront jouer ce rôle eux aussi. En revanche, ils seront les seuls à pouvoir réaliser des ventes prescrites par la loi ou par des décisions de justice en cas de redressement, de liquidation ou autre saisie-vente, par exemple. « Dans ce cas là, nous sommes missionnés par le tribunal de commerce. On fait alors l’inventaire des actifs appartenant à la société en difficulté pour voir ce qui pourrait les aider à couvrir leurs dettes. » Une sacré responsabilité !

Droit et Histoire de l’art
On ne devient donc pas commissaire-priseur du jour au lendemain. Dans un premier temps, deux diplômes sont nécessaires : un en histoire de l’art et un autre en droit. « Il faut au moins le niveau 3 dans chacune des filières ».
Ensuite, c’est l’examen d’entrée à Paris avant de suivre une formation de deux ans. Enfin, il y aura l’examen de sortie pour les commissaires-priseurs en volontaire et un second pour ceux qui veulent enchaîner avec le volet judiciaire. « En France, les 3/4 se contentent du premier volet. » Avant qu’on ne l’appelle Maître, la jeune Ingrid Girardot a donc ciré les bancs de l’école pendant plusieurs années. Et si elle ne se destinait pas vraiment à cette fonction, c’est à l’occasion d’un stage déniché un peu par hasard chez un commissaire-priseur à Dole dans le Jura qu’elle a été séduite par le métier.
« Je suivais des études de droit et j’ai trouvé super intéressant le fait d’y associer des connaissances en histoire de l’art ». En Droit, le diplôme nécessaire, elle le possédait déjà. Elle a donc embrayé sur une licence d’Histoire de l’Art. Ensuite, ce sera l’Ecole du Louvre et l’ISC Paris.
Et comme elle veut toujours en savoir plus, elle obtiendra même – en suivant une formation à distance – le diplôme du GIA, « une école new-yorkaise spécialisée dans l’analyse des pierres précieuses ».

Une montre à 75000 €
Après avoir occupée un premier poste, en tant que salariée, dans sa Franche-Comté natale, c’est donc à
La Roche-sur-Yon qu’elle a ensuite posé ses valises.
Et, deux petites années plus tard, c’est peu dire qu’elle a déjà des histoires à raconter. « Car commissaire-priseur, c’est un métier à suspense », sourit Maître Ingrid Girardot. « Une petite mamie peut pousser la porte et me présenter son panier en osier, je ne saurai jamais à quoi m’attendre. Dedans, il y aura peut-être de la vaisselle en inox sans aucune valeur, ou presque, mais on peut également avoir la surprise d’y trouver des Louis d’or. »
Récemment, c’est un tableau qui lui a été présenté.
Il a finalement été vendu pour 20 000 €.
« Une autre fois, des gens sont arrivés avec une montre à gousset qu’ils avaient trouvé dans une petite boite en démontant leur cheminée pour effectuer des travaux. J’ai tout de suite vu qu’elle était magnifique. » Estimée à 30 000 €, elle sera vendue… 75 000 € au marteau !

L’univers des bonnes affaires !
Bien sûr, le quotidien de Maître Ingrid Girardot n’est pas fait que de ventes à plusieurs milliers d’euros. Ici, on trouve de tout. Voitures et utilitaires parfois. Chauffe-eau, lessives et bouteilles de vins très souvent. « Beaucoup de choses se retrouvent chez nous suite à des avaries de transport ». Et c’est peu dire qu’il y a vraiment de très belles affaires à réaliser à l’Hôtel des ventes de La Roche-sur-Yon. D’ailleurs les malins sont nombreux à répondre présents chaque jeudi après-midi. « C’est pour cela que l’on a déménagé », confirme la maitresse des lieux. L’Hôtel des ventes a dit au revoir au centre-ville et à la rue de Lorraine pour venir s’installer au 66 de la route des Sables.
« Ici, il y a plus de places pour se garer ». Ce qui n’empêche pas le grand parking d’afficher plus que complet très régulièrement. Et ce même si l’utilisation d’internet se fait de plus en plus fréquente. « Les belles ventes se font également en live, en effet. On pourrait d’ailleurs le faire pour toutes les ventes, mais c’est l’après qui serait alors compliqué… »
Frais d’expédition ou charge de gardiennage serait à prendre en compte. « Car, après une vente par internet, l’acheteur a beau avoir payé, il ne vient pas toujours chercher son bien tout de suite. »
En attendant, internet permet surtout de tout lister.
« Les gens savent à l’avance ce que nous allons vendre en fonction de différentes thématiques. »

Ce qui ne les empêchera pas de venir jeter un véritable coup d’œil en amont. « Nos ventes aillant généralement lieu le jeudi après-midi, on offre la possibilité de venir visiter le mercredi après-midi et le jeudi matin. »
L’occasion de vérifier que la petite bosse qui apparait sur cette brouette n’est guère gênante au regard de l’économie. Mise en vente une centaine d’euros dans le commerce, elle le sera ici pour 15€ une fois, 15€ deux fois, 15€ trois fois… Adjugé, vendu !

 

A lire dans La Roche-sur-Yon Magazine, parution décembre 2017

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