Adrien Dubreuil une passion entre ciel et terre.

Adrien Dubreuil une passion entre ciel et terre.

Champion de France junior de vol à voile à 17 ans et demi, Adrien Dubreuil a la passion de l’aviation depuis l’enfance. Il se prépare aujourd’hui à en faire son métier, mettant ainsi ses pas dans ceux de ses aînés.

Cela aurait été difficile pour Adrien de ne pas tomber dans la potion de l’aéronautique dès son plus jeune âge. « Mon grand-père, Michel Dubreuil, a créé le club de vol à voile yonnais en 1978 » explique le jeune homme. Tout petit déjà donc, ce fils d’un pilote de ligne et d’une hôtesse de l’air, traîne sur les terrains d’aviation. Dès l’âge de 12 ans, il effectue son premier vol en planeur. « C’était un vol en duo. Je n’ai été lâché seul qu’ensuite, à 14 ans. »

Vitesse et compétition
À la vue de ces grands oiseaux qui planent gracieusement en silence dans le ciel azur, on imagine le sentiment de liberté et de légèreté que doivent ressentir les pilotes. Certes. Mais ce qui plaît le plus à Adrien, c’est la vitesse. « C’est ce qu’on recherche en compétition. On n’est pas là pour la balade ! »
Et la compétition, le jeune homme s’y est déjà frotté et avec succès. À 16 ans, en 2017, il est juste breveté qu’il décroche une 2e place au Championnat Interrégional à Montaigu (85) et la 6e au Championnat de France à Chalons-en Champagne (51). Dès sa deuxième participation, durant l’été 2018, il s’adjugera la victoire dans les deux épreuves. Un titre de champion de France junior à 17 ans et demi, sachant que cette catégorie va jusqu’à l’âge 25 ans, on voit la marge qu’Adrien a encore devant lui.

VOL A VOILE

Le vol à voile pour les nuls
Sport peu médiatisé, le grand public n’est pas très familier avec ce milieu de passionnés. Essayons donc d’y voir plus clair. En vol à voile, il y a trois catégories, selon l’envergure du planeur : 15 mètres, 18 mètres et + de 18 mètres. À l’intérieur de la catégorie 15 m, il y a la classe standard et la classe club. C’est dans cette dernière qu’Adrien évolue. « On commence souvent par la classe club car c’est la plus accessible techniquement et financièrement. »
Quant aux épreuves, elles s’apparentent à de la régate en mer. « Les planeurs sont tractés les uns après les autres jusqu’à l’altitude de départ. Une fois en place, le départ est donné mais chacun peut choisir le moment de franchir la ligne, en fonction des conditions d’aérologie. » Le chrono se déclenche alors et c’est le plus rapide à effectuer un certain parcours qui gagne. « Nous avons un plan de vol avec un circuit, des points de virage obligatoires et des espaces aériens à respecter. » L’important étant d’être le plus régulier sur l’ensemble des courses d’une même compétition qui peut durer une semaine, avec un vol par jour.

« Piloter aux fesses »
Au cours des épreuves, la vitesse de pointe des engins peut atteindre 170 km/h et les sensations se ressentent surtout en période d’ascension. « On cherche les meilleures ascendances sous les cumulus, ou au dessus des surfaces claires du sol. Parfois, on sent l’air pousser fortement sous l’appareil. On appelle cela piloter aux fesses. » On pourrait croire qu’une fois la bonne altitude et le bon cap trouvés, il n’y a qu’à se laisser glisser… « Il faut être très attentif. On vol parfois très près des autres concurrents, on doit avoir l’œil partout. En moyenne on prend une décision toutes les dix secondes, sur une épreuve qui dure de 4 à 9 heures. »

ADRIEN DUBREUIL 2

Plus qu’une passion, un métier
Même s’il a la tête dans les nuages, Adrien garde aussi les pieds sur terre. Ainsi le pilotage n’est pas pour lui qu’une passion mais aussi une perspective d’avenir. Actuellement en terminal S dans un lycée nantais, le jeune homme a déjà organisé la suite de ses études. « Une fois le bac en poche, je prendrai six mois pour préparer le concours ATPL (Airline Transport Pilote Licence). » Un concours théorique, à potasser seul et en école, avec une quinzaine d’épreuves à passer à Paris. « Ensuite, j’espère intégrer les Cadets d’Air France pour devenir pilote de la compagnie ou d’une de ses filiales. »
Adrien ne délaissera pas sa passion du vol à voile pour autant. Depuis la rentrée 2018, il a d’ailleurs intégré le Pôle Espoir de l’équipe de France. Et c’est pour garder cette passion de la compétition accessible qu’il s’est orienté vers l’aéronautique civile. « J’ai pensé à une époque être pilote de chasse. Mais dans le civil, le salaire est meilleur et j’aurai plus de temps libre. Deux paramètres importants pour continuer à voler en planeur. »

A lire dans la Roche-sur-Yon Magazine n°13, Parution décembre 2018

Telechargez gratuitement les versions
digitales de nos magazines!

100% Gratuit! Recevez dans votre boite mail les versions digitales du Magazine des Sables d'Olonne et du Magazine de la Roche-sur-Yon. En bonus, des informations relatives à l'actualité de nos super magazines !

Un message vient de vous être envoyé sur votre boite email!

Suivre: